Entretenir son bateau : l’essentiel du programme pour faire durer le voyage

Être l’heureux(se) propriétaire d’un bateau à moteur est synonyme de découverte, d’aventure, de liberté, de détente… Tous ces avantages, sources d’autant de plaisirs et d’expériences, ne vont pas sans leur lot de responsabilités et une assez bonne dose de savoir-faire.

S’assurer de la longévité de son navire et de longues années de plaisance en toute sécurité passe par l’entretien méthodique d’un certain nombre d’éléments incontournables. Ainsi, de l’enveloppe à la mécanique, rien ne peut être laissé au hasard. Constance, régularité, précision doivent être au rendez-vous, et c’est pourquoi nous vous proposons dans notre guide ultime une description détaillée de l’ensemble des tâches qui sont au programme de l’entretien de votre bateau : entretien de la coque, du pont, des batteries, et du moteur ; utilisation des produits indispensables, nettoyages, vidanges, remplacement de pièces et de filtres…

Entretenez la coque de votre bateau

Au programme de notre guide d’entretien, on portera d’abord notre attention sur la maintenance de la coque. On veillera en particulier à prévenir l’apparition d’osmose en entretenant parfaitement son bateau en polyester, voire en appliquant un traitement préventif.

L’entretien de votre bateau en polyester passe d’abord par le nettoyage de la coque, qui se fait avec des produits spécifiques, de l’eau douce et… de l’huile de coude. Mais, au moment du carénage, des gestes de rénovation ou de réparation s’imposent également bien souvent pour éviter des détériorations importantes. C’est l’application d’un gelcoat qui permettra de combler les fissures.

Pour rafraîchir la peinture de votre bateau, tâche dont la finalité est aussi bien esthétique que technique, il faudra différencier le travail sur les œuvres vives (partie immergée de la coque) de celui sur les œuvres mortes. Pour les premières, vous appliquerez une peinture antifouling qui empêchera aux impuretés d’accrocher à la coque. Avant toute chose, il faudra nettoyer et rénover la surface, puis appliquer la peinture en plusieurs couches. Pour les œuvres mortes, il faudra bien penser à rénover et poncer la surface avant l’application d’une peinture marine ou polyuréthane.

Le polishage de votre bateau ajoutera une couche de protection supplémentaire, tout en le faisant briller. Le produit s’applique avec un chiffon et le polishage en lui-même s’effectue avec une lustreuse électrique, dont l’on se sert également pour enduire la coque d’une cire de finition. Une alternative économique à la peinture et au polishage consiste à recouvrir les œuvres mortes d’une protection autocollante : c’est le wrapping. Ce travail de précision est en général réalisé par un professionnel.

Tous sur le pont !

La coque n’est pas seule à être à la merci des éléments, et l’entretien du bateau passe en second lieu par celui du pont. Pour le nettoyage, les ponts de bateau en polyester seront décrassés avec un nettoyant universel vaporisé sur les surfaces à nettoyer. Les ponts de bateau en teck, quant à eux, seront nettoyés avec un mélange eau / shampoing doux avant d’être ravivés avec un produit spécialisé et éventuellement de l’huile nourrissante ou un sealer imperméabilisant. Pour un pont en bois rutilant (et bien protégé), d’aucuns choisissent de vernir leur teck, tâche qui s’effectue après un ponçage doux.

En ce qui concerne la rénovation des ponts en polyester, un dégraissage – ponçage – comblement des fissures avec de l’enduit epoxy peut être de mise. Si l’on suit bien la routine de réparation étape par étape, en n’oubliant pas la finition à la laque bi-composante, le pont retrouve facilement l’éclat de sa jeunesse.

Pour un nettoyage en profondeur, il s’agit de ne pas oublier les peu ragoûtantes cales. Cela peut vouloir dire procéder à leur assèchement, ou bien les nettoyer de fond en comble. Pour la première option, l’écopage permet de recueillir les liquides qui ne doivent pas terminer dans le mouillage, et l’on peut utiliser un aspirateur « liquide et poussière ». Pour la seconde option, il faudra éventuellement se débarasser de l’huile accumulée en fond de cale, avant de procéder à un décrassage complet grâce à un produit de nettoyage bateau ou dégraissant type lessive St Marc.

Il n’y a pas que les résidus des eaux qui s’attaquent à la blancheur éclatante de votre vaisseau en polyester. Ce dernier doit être protégé et débarrassé, le cas échéant, des moisissures et de la rouille.

Pour éviter l’apparition des moisissures, il faut chasser l’humidité du bateau. Pour l’hivernage, ce dernier doit être parfaitement au sec, de préférence grâce à une exposition au soleil avant son entreposage. Il peut être bâché ou « filmé », et aéré au cours de l’hivernage.

D’autres moyens offrent une protection supplémentaire contre l’humidité, comme les absorbeurs d’humidité et les perles de gel de silice. Les moisissures déjà implantées, quant à elles, peuvent être délogées au grattoir et au produit anti-mousses, ou acide oxalique, vinaigre blanc, borax… L’essentiel étant de toujours bien laisser sécher pour ne pas permettre au problème de réapparaître.

Pour ce qui est de la rouille, c’est surtout au bon entretien des inox qu’il faudra veiller. Eau claire et chiffon microfibre permettent un nettoyage quotidien, tandis que pour les inox très sales, un produit liquide spécifique ou une pâte à polir travailleront plus en profondeur et éliminerons les premières traces de rouille. Si cette dernière persiste, les produits antirouille ou le gel dérouillant passivant agissent quasiment « tout seuls » en quelques secondes après leur application sur l’inox ou le gelcoat en contact avec de l’inox.

Bichonnez votre moteur et votre électronique

Passons au moteur du bateau à présent : celui-ci réclame un certain nombre d’attentions. Pour le moteur hors bord : la turbine, qui a pour fonction de brasser l’eau de mer pour envoyer celle-ci refroidir le moteur, est une pièce qui se détériore et se change environ tous les ans. Pour la changer sur un moteur hors-bord, il faut déposer l’embase de ce dernier, en vidanger l’huile, dévisser le joint de sortie pour accéder à la pompe, et profiter de ce moment pour limer les entailles sur l’arbre de transmission avant de le graisser pour y installer la turbine neuve.

Vidanger l’huile de ce moteur hors-bord, cela s’effectue aussi une fois par an / toutes les 100 heures. Cette vidange se fait notamment, une fois l’huile fluidifiée par un moteur mis en marche quelques minutes dans l’eau, en créant un appel d’air à l’ouverture du bouchon de niveau, et laissant l’huile s’écouler dans un bac à l’ouverture du bouchon de vidange. L’on remplace les joints des bouchons, puis l’on remplit le moteur par le bas en injectant l’huile avec une pompe de remplissage, jusqu’à ce qu’elle déborde par le haut.

Pour le moteur inboard : le circuit de refroidissement nécessite un entretien complet. Pour le système à l’eau douce, l’on change de liquide de refroidissement par une vidange et un remplissage. Pour le système par eau de mer, au moment de l’hivernage, on nettoie d’abord à l’eau douce, et on démonte la plaque d’entrée du filtre pour vérifier l’état de la turbine et la changer au besoin (l’on peut se baser sur une fréquence de changement toutes les 500 heures de navigation).

Tous les deux ans, l’on vérifie l’état de l’échangeur thermique en contrôlant le fonctionnement du thermostat et l’état de la valve anti-siphon. En règle générale, il faut éliminer les dépôts et cristaux de sel du circuit de refroidissement.

Pour entretenir le filtre à air du moteur, on déloge celui-ci en dévissant les vis qui le maintiennent, l’on nettoie ou remplace la mousse en fonction de son état, et l’on dépoussière ses divers éléments (papier plissé, boîtier…). Pendant ces manœuvres, il est toujours de bon ton de vérifier l’état des joints d’étanchéité.

Pour entretenir la courroie de distribution, l’on envisage un remplacement toutes les 2000 heures d’utilisation. La tension de la courroie doit être contrôlée : elle ne doit pas avoir plus de 10 mm d’ « élasticité », ni toucher la gorge de la poulie mais être bien tendue et la toucher sur les côtés uniquement.

Indifféremment sur un moteur hors bord ou inboard, les anodes qui protègent de la corrosion due à l’électrolyse de l’eau (en subissant elles-mêmes cette corrosion), sont nettoyées avec une brosse en métal et remplacées lorsque leur taux d’usure atteint les 75%. Une usure rapide peut être significative d’une fuite électrique.

L’entretien de la batterie est indispensable à une navigation aussi prudente que possible : veiller à son bon usage (et notamment ses conditions de conservation et de charge) ainsi qu’à celui des chargeurs de quai, c’est contrôler sa longévité et se prémunir contre une panne intempestive. Pour l’hivernage, la batterie doit être chargée, mais pas au-delà de 60% si elle est au lithium. Elle est débranchée, graissée sur les plots est stockée au sec et au froid.

L’hivernage, pour repartir du bon pied

L’hivernage, c’est LA tâche de fin de saison qui permet l’entretien du bateau et sa préparation à la saison froide : contrôles, protection et remplacements de pièces usagées vont avoir lieu.

L’antigel, qui diminue la température à laquelle l’eau se transforme en glace, permet d’éviter les détériorations dues au froid. L’on verse ce produit non toxique spécifique pour les bateaux dans le moteur, et un antigel de plomberie dans les endroits du bateau en contact avec l’eau. Pour le moteur, on injecte l’antigel après le dessalage grâce à un kit d’hivernage. Moteur en marche, l’eau évacuée est progressivement remplacée par le produit.

Le moteur hors bord est dessalé avec des oreillettes de rinçage fixées sur les ouïes d’aspiration. Il est désencrassé avec un nettoyant mélangé au carburant, puis vidangé de son huile, remplacée par une neuve. Le filtre à huile est changé. C’est le moment que l’on choisit en général pour changer la turbine, vidanger l’embase, contrôler et changer les bougies si nécessaire, et changer les anodes.

Le moteur inbord est dessalé, empli d’antigel, vidangé au niveau du bloc, des coudes, des collecteurs et échangeurs. Il est protégé de la corrosion par une huile à brumiser. C’est également le bon moment pour changer bougies, turbine, vis, joints, anodes… L’huile moteur et d’embase est vidangée et remplacée. Les filtres à huile et à essence, les séparateurs d’eau, le sont également. Liquide de transmission et courroies sont contrôlés. Le tout est rincé et séché. Les pièces mobiles, cardans, arbre d’hélice, sont graissés. Un petit coup de peinture sur l’embase peut s’avérer opportun.

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